Familier (adjectif)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Adjectif 

XII e siècle. Emprunté du latin familiaris, « qui fait partie de la maison, ami, intime, », dérivé de familia .
1. Qui est attaché à une famille, à une maison, à une personne. Dieux s, lares et pénates, protecteurs du foyer. Démon, génie .
2. Qui vit dans l'intimité de quelqu'un, comme on vit en famille ; qui fréquente habituellement une personne ou un lieu. Un ami . Spécialt. Animal , qui s'apprivoise aisément. Subst. C'est un de ses s. Les s d'une maison, ceux qui y sont reçus habituellement, comme s'ils faisaient partie de la famille. Familier de l'Inquisition, du Saint-Office, en Espagne et au Portugal, officier chargé d'arrêter les personnes poursuivies.
3. Très simple et naturel dans sa conduite ; qui traite les autres en ami, en égal. Il aime se montrer avec ses collaborateurs. Par méton. Un caractère des plus s. On nous réserva un accueil . Avoir avec quelqu'un un commerce , des relations familières. La conversation prit un tour . Écrire dans un style , qui a le ton de la conversation. Spécialt. En parlant d'une expression, d'une tournure. Qui appartient au langage de la conversation courante et ne convient pas au style soutenu. Une locution familière. Un tour . « Bouquin », dans le sens de « livre », est . « Cabochard » pour « têtu » est d'un emploi quand on parle d'un être humain. « Ça » est une abréviation familière de « cela ».
4. Qui se comporte trop librement à l'égard de quelqu'un. Tenez-le à distance, il deviendrait aisément . Il est vite avec les femmes. Par méton. Un air, un ton trop . Elle avait avec lui des manières plutôt familières.
5. Bien connu, en raison de l'habitude qu'on en a. Un décor . Toute cette ville lui était familière. Un itinéraire . Son visage m'est assez . Spécialt. En parlant de connaissances, d'activités diverses. Qui est devenu facile, aisé. Ces notions vous sont familières. L'espagnol lui est devenu . Le maniement du sabre et de l'épée lui était . Par ext. Coutumier, habituel chez une personne. Ce geste vous est . C'est là une de ses expressions familières. Un trait à l'auteur.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Adjectif 

Qui vit dans l'intimité de quelqu'un. "Un ami ." Substantivement, "Les s de la maison. C'est un de ses s."
Il se dit aussi des Choses qui ont rapport à l'intimité d'une personne avec une autre. "Ils vivent dans un commerce . Avoir des relations familières avec quelqu'un. La conversation prit un tour plus . Avoir un entretien avec quelqu'un."
Par extension, il signifie Qui se comporte trop librement à l'égard de quelqu'un. "Vous devenez trop avec vos supérieurs." Dans cette acception, il se dit surtout des Choses. "Prendre un air, un ton . S'exprimer en termes s. Il a des manières par trop familières."
Par extension aussi, il signifie Qui est devenu facile, aisé, par la pratique, l'habitude. "Il s'est rendu cette langue familière. Le maniement du fusil lui est devenu ."
Dans cette acception, il se dit des Choses devenues ordinaires, habituelles. "Ce défaut est aux auteurs. Ce geste lui est ."
Il se dit aussi des Choses que l'on reconnaît aisément pour les avoir vues souvent. "Cette figure m'est familière. Ces notions lui sont familières. Tout m'est dans cette ville, les choses et les gens."
Par extension encore, en parlant de la Langue parlée, par opposition à la langue écrite, il signifie Qui se dit dans la conversation, qui ne convient qu'à la conversation. "Cet auteur emploie trop de termes s. Ce tour est trop ." Détaler, décamper "sont des mots familiers."
Il signifiait autrefois Qui est de la famille. Il n'a plus ce sens que dans les expressions "Les dieux s des anciens. Démon, génie ," Sorte de génie que l'on croyait attaché à une personne pour la guider, l'inspirer, la servir. "Le démon de Socrate."



Dictionnaire d'Emile Littré

Adjectif 



 1   Qui vit avec quelqu'un sans façon et comme en famille. C'est un de ses amis les plus s.
SACI: « Ne regardez pas la femme d'un autre ; ne vous rendez point avec sa servante, et ne vous tenez point auprès de son lit »
HAMILT.: « Le chevalier, avec tout le monde »

 2   Terme de mythologie romaine. Dieux s, dieux lares des maisons de chaque particulier.
    Il se dit, dans un sens analogue, des petits génies, lutins, kobolds germaniques, qu'on croyait habiter la maison.
    Esprit, démon, génie , être surnaturel que l'on disait être attaché à une personne pour l'inspirer, la diriger.
CORN.: « Non, je sais tout cela d'un esprit »
VOLT.: « Ô l'heureux temps que celui de ces fables, Des bons démons, des esprits s, Des farfadets aux mortels secourables ! »
    Fig.
BALZ.: « Ce sont [les hommes de talents éminents] les anges tutélaires des royaumes et les esprits s des rois »

 3   Qui se familiarise, qui se comporte avec familiarité.
BOSSUET: « Quelle autre a mieux pratiqué cet art obligeant qui fait qu'on se rabaisse sans se dégrader, et qui accorde si heureusement la liberté avec le respect ? douce, familière, agréable autant que ferme et vigoureuse.... »
    Qui a trop de familiarité.
RAC.: « Voyez-vous ? il se rend »
VOLT.: « Cet homme me paraît »
GENLIS: « Il est également importun, bavard et »
    Être comme les Épîtres de Cicéron, se dit d'une personne qui se rend trop familière, par allusion aux lettres écrites par Cicéron à ses amis et dites Épîtres familières.

 4   Il se dit des choses qui ont un caractère de familiarité. Ils vivent dans un commerce très . Il a des manières un peu trop familières. Des gens d'un caractère libre et .
DUCLOS: « Le commerce plus qu'on a à la campagne me la fit mieux connaître, et toujours à son avantage »
J. J. ROUSS.: « Malgré le ton du nouveau venu »
COLLIN D'HARLEV.: « La demande est un peu familière »

 5   Animal , se dit des animaux qui ne s'effarouchent pas, qui viennent près de l'homme, qui ont de la tendance à s'apprivoiser.
BUFF.: « Les bengalis sont des oiseaux s et destructeurs »
BUFF.: « Parmi les animaux, les uns paraissent être plus ou moins s, plus ou moins sauvages, plus ou moins doux, plus ou moins féroces »

 6   Qui est du parler de la conversation. Langage . Style .
PASC.: « Dans les discours s et dans les discours de science »
VOLT.: « Ce n'est pas qu'il faille condamner des vers s dans ces pièces de poésie ; au contraire, ils y sont nécessaires comme les jointures dans le corps humain, ou plutôt comme des repos dans un voyage »
    Terme, mot , locution, expression familière, terme, mot, locution, expression qui ne peuvent entrer que dans le langage .
    Être , avoir un ton .
VOLT.: « Il était de l'inquisition ; milord Boldmind n'était que dans la conversation »

 7   Qui n'est pas assez respectueux en tant qu'expression. Le terme d'amitié est un terme trop avec des personnes placées bien au-dessus de nous.

 8   Ordinaire, habituel. L'allégorie est très familière aux poëtes grecs.
VOLT.: « Vous savez qu'il y a des gens opiniâtres sur les petites choses et à qui le terme non est beaucoup plus dans de certaines occasions que le terme oui »

 9   Avec quoi l'on se familiarise.
LA FONT.: « Le premier qui vit un chameau S'enfuit à cet objet nouveau ; Le second approcha ; le troisième osa faire Un licou pour le dromadaire ; L'accoutumance ainsi nous rend tout »

 10   Il se dit de ce que l'on connaît pour l'avoir souvent vu, étudié, pratiqué Des notions familières à tout le monde.
LA BRUY.: « Son visage m'est »
LA BRUY.: « Dans une chambre où il est [il a ses habitudes] »
DIDER.: « Ceux qui parcourent ses ouvrages [de Bacon] le trouveront versé dans toute la littérature ancienne et moderne, et avec les auteurs grecs, latins, hébreux, italiens, français, allemands, arabes »

 11   S. m. et f. Familier, familière, celui, celle qui est dans la familiarité d'une personne éminente.
VAUGEL.: « Il fit entrer ses s et ses médecins »
SCARR.: « Au sabbat elle est la première, Et du bouc noir la familière »
SAINT-SIMON: « Madame de Maintenon se produisit fort peu au camp [de Compiègne], toujours dans son carrosse avec trois ou quatre familières »
    Les s de la maison, ceux qui sont reçus habituellement et familièrement dans une maison.

 12   Celui, celle qui affecte la familiarité avec les personnes d'un rang au-dessus du sien. Il fait le avec le ministre. Elle fait la familière avec la princesse.
LA BRUY.: « Le [un grand] tirer par son habit, lui marcher sur les talons, faire le , prendre des libertés, marquent mieux un fat qu'un favori »
LA BRUY.: « Les petits courtisans se relâchent sur ces devoirs, font les s, et vivent comme gens qui n'ont d'exemple à donner à personne »

 13   Officier de l'inquisition. Un du saint-office.
VOLT.: « Les plus adroits s'empressèrent d'être les archers de l'inquisition, sous le nom de ses s, aimant mieux être satellites que suppliciés »

 14   S. m. Ce qui a le caractère du style .
LAMOTTE: « Mais prenons garde à la bassesse Trop voisine du »
VOLT.: « On ne distinguait pas assez les bornes qui séparent le du simple : le simple est nécessaire, le ne peut être souffert »
    Manières familières. Il a été d'un auquel je ne m'attendais guère.

 15   S. f. Familière, espèce d'araignée.

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
DU CANGE: « Je Miles de Galathas chevaliers et familiaires dou très noble empereor de Constantinoble »
JOINV.: « Aucuns de ses familiés groussient de ce que il fesoit de si larges aumosnes »
    XIVème siècle
ORESME: « Priver de ses pecunes son compaignon est plus dure chose et plus injuste »
DU CANGE: « Il ont fait edifier ung hostel ou maison à leurs depens pour mettre eulx et leurs biens, s et serviteurs à sauveté »
    XVIème siècle
MONT.: « S'il n'est assez des livres pour y trouver tant de beaux discours qui y sont »
MONT.: « Ils ont donné le prix à celle des vertus qui leur estoit plus e »
MONT.: « Ces langues estoient es à mon pere »
RONSARD: « Je suis du camp d'amour pratique chevalier ; Pour avoir trop souffert, le mal m'est »
PARÉ: « Si la dure mere est devenue noire par remedes acres, soient appliqués remedes doux et s »
     Coust. génér. t. II, p. 440: Le fils [le fils de famille], greigneur de vingt ans, peut ester en jugement sans autorité ou licence de pere

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. et espagn. familiar ; ital. famigliare ; du latin familiaris, de familia, famille.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Adjectif 


Qui a une habitude particulière avec quelqu'un, qui vit avec lui librement et sans façon, sans cérémonie, comme on a coutume de vivre avec les gens de sa famille. "Être avec quelqu'un. Se rendre avec le monde, avec tout le monde. C'est un de ses amis les plus s."
"Esprit, démon, génie ," Sorte de génie que l'on croyait attaché à une personne, pour la guider, l'inspirer, la servir. "L'esprit, le démon de Socrate. Froissard dit que Gaston Phoebus, comte de Foix, avait un esprit ."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit également Des choses où il y a de la familiarité. "Ils vivent dans un commerce très-familier. La conversation prit un tour plus . Entretien . Propos s. Prendre un air, un ton , l'air, le ton . Il prend des airs s, très-familiers avec ses supérieurs. Il a des manières familières, un peu trop familières."
"Discours , langage , style ," Discours, langage, style simple et sans recherche, tel que celui dont on se sert ordinairement dans la conversation, et dans les lettres qu'on écrit à ses amis.
"Terme, mot , expression, locution familière, etc.," Mot, terme, expression, locution qui ne peut entrer que dans le langage . Détaler "est un terme , est ." À la croque au sel "est une expression, une locution familière. Cet écrivain affecte l'emploi des termes, des mots s. Ce tour est trop ."
"Terme , expression familière," se disent aussi d'Un terme, d'une expression qui ne sont pas assez respectueux, eu égard aux personnes à qui ou devant qui l'on parle. "Les termes d'"affection "et d'"amitié "sont des termes trop s à l'égard des personnes qui sont beaucoup au-dessus de nous."
Prov., "Être comme les Épîtres de Cicéron," se dit D'une personne qui se rend trop familière; par allusion aux Épîtres de Cicéron à ses amis, qu'on appelle ses "Épîtres familières."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Ordinaire, habituel, accoutumé. "Ce défaut est aux auteurs. Ce terme lui est ."
Il se dit encore De ce que l'on connaît, de ce que l'on sait ou que l'on fait bien, pour l'avoir souvent vu, éprouvé, étudié, pratiqué, etc. "Les traits de cette personne me sont s. Ces notions doivent maintenant leur être familières. Cet exercice lui est . Il n'a point de peine à faire telle chose, elle lui est devenue familière. Il s'est rendu cette langue familière comme sa langue maternelle."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie substantivement, et signifie, Celui qui affecte la familiarité avec les personnes d'un état au-dessus du sien. "Il fait le avec le ministre, avec ce prince."
Il se dit aussi de Ceux qui vivent habituellement et familièrement avec une personne éminente; et, dans ce sens, on l'emploie surtout au pluriel. "C'est un des s du prince, du ministre, etc."
"Les s de la maison," Ceux qui sont reçus habituellement et familièrement dans une maison.



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



est aussi Le nom des officiers de l'inquisition, en Espagne et en Portugal. "Un de l'inquisition. La fonction des s est d'arrêter les prisonniers par ordre de l'inquisition."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Adjectif 


Qui a une habitude particulière avec quelqu'un, qui vit avec lui librement et sans façon, sans cérémonie, comme on a accoutumé de vivre avec lesgens de sa famille. "Être avec quelqu'un. Ils vivent dans un commerce très-familier. Se rendre avec le monde, avec tout le monde. Prendre un air . C'est un de ses amis les plus s."
On dit, qu'"Un homme prend des airs familiers," qu'"il a des manières familières, " pour dire, qu'Il prend trop de liberté avec les gens qui sont au-des-sus de lui, ou avec ses égaux qui ne lui sont pas liés intimement.
On appelle "Discours , style familier," Un discours, un style naturel et aisé, tel que celui dont on se sert ordinairement dans la conversation entre honnêtes gens, et dans les lettres qu'on écrit à ses amis. Et on dit, qu'"Un terme est ," pour dire, qu'Il n'est pas assez respectueux, eu égard aux personnes à qui, ou devant qui l'on parle. "Les termes d'"affection "et d"'amitié "sont des termes trop s à l'égard des personnes qui sont beaucoup au-dessus de nous."
On dit aussi, qu'"Un terme est , " pour dire, qu'Il n'est pas assez noble par rapport au sujet qu'on traite.
On appelle "Épîtres familières," Les lettres que Cicéron a écrites à ses amis. Et l'on dit proverbialement d'Un homme qui se rend trop , qu'"Il est comme les Epîtres de Cicéron," par allusion aux Épîtres de Cicéron à ses amis, qu'on appelle ses "Épîtres familières."



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Familier, signifie aussi, Qui est devenu facile par une grande habitude, par un long usage. "Cela lui est . Il n'a point de peine à faire telle chose, elle lui est devenue familière. Il s'est rendu cette Langue-là familière comme sa Langue naturelle. L'homme sage se rend la vertu familière jusques dans les plaisirs."
On appelle "Esprit ," Une sorte d'esprit qu'on prétend qui s'attache à un homme pour le servir. "L'Esprit de Socrate. Froissard dit que Gaston Phoebus Comte de Foix, avoit un Esprit ."



3ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Familier, s'emploie substantivement, et signifie Celui qui affecte la familiarité avec les personnes d'un état au-dessus du sien. "Il fait le avec ce Ministre, ce Prince."
On dit aussi substantivement, "Les familiers de la maison," pour dire, Ceux qui sont reçus habituellement et familièrement dans une maison; et "C'est un des s du Prince," pour dire, C'est un de ceux qui vivent habituellement avec lui.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)


IèRE, adj. ["Fami-lié", "liè-re": 3e "é" fer. au 1er "è" moy. et lon. au 2d.] 1°. En parlant des "persones", qui vit avec quelqu'un librement et sans façon. 'Être "familier" avec... Ils sont "familiers" ensemble. 'Il "est" trop "familier".
- Il se dit en ce sens, des chôses qui ont trait aux persones. 'Airs "familiers", manières "familières".
- Discours "ou" style "familier": style de la conservation et des lettres. 'Il y a beaucoup de mots et d'expressions qui ne sont que du discours "ou" du style "familier".
- 2°. En parlant des "chôses;" qui est devenu facile par un long usage. 'Cette chôse "lui" est devenue "familière". 'Il s'est rendu cette langue "familière", cet Auteur, ce style "familier". 'Toutes les vertus "lui sont familières". 'Les Auteurs de profession ont souvent peu d'usage du monde... Le style de la conversation ne "leur est" point "familier", l'Ab. "Trublet".
   "Rem." 1°. "Familier" aime à suivre le nom qu'il modifie: et la construction a un air sauvage, quand il le précède. 'Mes "familiers" amis, dit "La Bruyère", savent que je les leur ai toutes refusées (les clés des caractères) on dirait aujourd'hui: mes amis les plus "familiers", ou, les plus intimes.
   2°. Quelques Auteurs ont fait de "familier" un substantif. 'Ses "familiers", ses amis, "Ménage". 'Le Dauphin vivoit avec "quelques s", qui formoient sa cour. "Duclos".
- Il n'est substantif que dans ces deux phrâses: "les s du St. Ofice". 'Il "fait" un peu trop le "familier".




Emplacement dans le dictionnaire :

fâme
famé
famélique
fameusement
fameux
familial
familiale
familiariser
familiarité

familièrement
familistère
famille
famille royale
famillisme
famine
fan
fanage
fanal
fanatique
fanatisé




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )

...que tous les vers sur lesquels portera notre critique sont récités et non pas écrits. Dès après cet exemple, on pourrait clore la discussion et dire : le vers libre n'est autre chose que le vers familier romantique. Le poète, qui se croyait tenu à de certaines règles typographiques, s'est dégagé de ces règles et aussi de la rime obligatoire ; au lieu de chercher, par la rime, à donner l'illusion...


Citation n°2 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )

...Le schéma de ses gestes serait alors identique chez lui et chez le dessinateur qui alternativement lève la tête et crayonne. Pour réaliser sa description il n'a besoin que des mots et de l'usage familier de la langue ; la construction de sa phrase est déterminée par sa vision ; il ne pourrait employer des clichés que si ces clichés concordaient parfaitement avec la vision mentale qu'il évoque...


Citation n°3 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )

...mais une construction de logique élémentaire ; les mots échouent à prendre des postures nouvelles, qu'aucune réalité intérieure ne détermine ; ils se présentent nécessairement dans l'ordre familier où la mémoire les a reçus : ainsi depuis cinq siècles les poètes français inférieurs chantent, avec les mêmes phrases nulles, le printemps virgilien. Tous les écrivains dénués de la mémoire visuelle...


Citation n°4 de Henri POINCARÉ (La Valeur de la science)

...montré comment la notion de ce continu peut se former et comment on peut en déduire celle de l'espace, on pourrait toujours se demander pourquoi l'espace à trois dimensions nous est beaucoup plus familier que ce continu à six dimensions, et douter par conséquent que ce soit par ce détour, que s'est formée dans l'esprit humain la notion d'espace. 2. Identité de deux points : qu'est-ce qu'un point ?...


Citation n°5 de Maurice BARRÈS (Le Jardin de Bérénice)

...art franco-flamand qui, au quatorzième siècle, fut la fleur du luxe et de la grâce, ne leur est pas seulement un renseignement, il les émeut. Peut-être ces bibelots, du temps qu'ils étaient d'usage familier, leur eussent paru vulgaires, mais le silence et la froideur des musées, qui glacent les gens sans imagination, disposent quelques autres à la plus fine mélancolie. Cette collection a été formée par...


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